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« CE N’EST PAS L’INFLUENCEUR QUI A FAIT LE PADEL » : FRANCK BINISTI DÉMONTE LES IDÉES REÇUES SUR LE BOOM MÉDIATIQUE

Franck Binisti décrypte le rôle des influenceurs et des grands médias dans l’essor du padel, sans éluder les contraintes économiques de la presse spécialisée. Il pointe aussi le déséquilibre entre hommes et femmes dans la pratique compétitive.

Pascal Airault7 septembre 2026
« CE N’EST PAS L’INFLUENCEUR QUI A FAIT LE PADEL » : FRANCK BINISTI DÉMONTE LES IDÉES REÇUES SUR LE BOOM MÉDIATIQUE
« CE N’EST PAS L’INFLUENCEUR QUI A FAIT LE PADEL » : FRANCK BINISTI DÉMONTE LES IDÉES REÇUES SUR LE BOOM MÉDIATIQUE

« LE PADEL N’A PAS BESOIN DE PUB, IL A BESOIN DE VÉRITÉ. »

Franck Maes, présentateur du podcast Alpha Padel

LES INFLUENCEURS ONT-ILS VRAIMENT CRÉÉ LE PHÉNOMÈNE PADEL ?

Ronaldo, Zinedine Zidane, Zlatan Ibrahimovic, Cyril Hanouna ou même François Hollande la raquette à la main : la planète people s’affiche désormais sur les pistes de padel à longueur de journées sur Instagram et TikTok. Mais attention à ne pas confondre la cause et la conséquence. Pour le fondateur de Padel Magazine, l’idée selon laquelle les créateurs de contenu auraient à eux seuls propulsé le sport est une fausse vérité.

« CE N’EST PAS L’INFLUENCEUR QUI A INFLUENCÉ LE PADEL, C’EST LE PADEL QUI A INFLUENCÉ L’INFLUENCEUR ! »

Les créateurs de contenu et les personnalités publiques n’ont fait que se positionner sur un phénomène qui explosait déjà de manière organique sur le terrain. En saisissant cette opportunité pour capter de l’audience, ils ont à leur tour créé un cercle vertueux, propulsant des vidéos humoristiques et des sketchs qui touchent désormais le grand public bien au-delà des simples pratiquants de sports de raquette.

COMMENT PADEL MAGAZINE FAIT-IL FACE AUX GÉANTS DE LA TÉLÉVISION ?

Créé en 2012 alors que le sport était totalement invisible, Padel Magazine a longtemps été le seul canal d’information du secteur. Aujourd’hui, avec plus de 3 millions de lecteurs uniques à l’année, la donne a changé. L’arrivée de mastodontes comme Canal+ (diffuseur de Premier Padel) ou RMC a complètement redéfini le paysage.

Loin d’y voir une concurrence menaçante, Franck Binisti perçoit l’arrivée de ces acteurs majeurs comme une opportunité historique :

  • Changer de cible : Les médias généralistes et les chaînes payantes s’adressent à un grand public non-spécialiste.
  • Créer des passerelles : Une fois la curiosité éveillée chez le téléspectateur, celui-ci se tourne naturellement vers les médias spécialisés pour approfondir sa passion.
  • Légitimer la discipline : La présence du padel dans les journaux télévisés et les radios nationales crédibilise la discipline auprès des sponsors.

L’INDEPENDANCE TOTALE EXISTE-T-ELLE VRAIMENT DANS LE JOURNALISME SPORTIF ?

Interrogé cash sur la proximité entre un média spécialisé et les acteurs économiques du secteur (marques, constructeurs, franchises de clubs), Franck Binisti refuse d’apporter une réponse lisse ou de façade.

« ON N’EST JAMAIS TOTALEMENT INDÉPENDANT. PERSONNE NE L’EST VRAIMENT ! »

Financer un média ou un podcast demande des moyens considérables, du matériel lourd et des équipes dédiées. Si un journal ne vend pas d’abonnements payants, il doit s’appuyer sur la publicité et le partenariat pour survivre. Or, le public français se montre extrêmement frileux dès qu’il s’agit de payer pour accéder à l’information sportive en ligne. Un paradoxe typiquement tricolore : exiger un journalisme irréprochable et omniprésent, tout en refusant de débourser le moindre euro pour s’abonner.

QUEL EST LE VRAI POINT NOIR DONT PERSONNE N’OSE PARLER ?

Parmi les dérives et les axes d’amélioration critiques du padel moderne, Franck Binisti pointe un chiffre sans appel : la dissymétrie effarante sur le circuit compétition. Sur les plus de 110 000 joueurs ayant participé à au moins un tournoi officiel en France sur les 12 derniers mois, le ratio oscille entre 85-15 et 90-10 en faveur des hommes.

LE PADEL DE COMPÉTITION RESTE UN MONDE ÉCRASEMENT MASCULIN.

Alors même que la pratique loisir dans les clubs compte 30 % à 40 % de pratiquantes féminines, la transition vers le tournoi officiel reste un frein majeur pour les joueuses. Faute d’inscriptions suffisantes, de nombreux tournois féminins sont annulés par les clubs, créant un cercle vicieux. Pour Franck Binisti, le développement des dix prochaines années devra obligatoirement passer par la structuration du padel féminin pour transformer l’essai.