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« EN FRANCE, PAYER POUR DU SPORT, ÇA NE LE FAIT PAS » : FRANCK BINISTI DÉBALLE LES COULISSES BUSINESS DU PADEL

Franck Binisti, fondateur de Padel Magazine, revient sur l’essor du padel et les conditions de viabilité des clubs. Entre développement des structures privées et réticences françaises à payer pour pratiquer, il décrypte les enjeux économiques du secteur.

Pascal Airault4 septembre 2026
« EN FRANCE, PAYER POUR DU SPORT, ÇA NE LE FAIT PAS » : FRANCK BINISTI DÉBALLE LES COULISSES BUSINESS DU PADEL
« EN FRANCE, PAYER POUR DU SPORT, ÇA NE LE FAIT PAS » : FRANCK BINISTI DÉBALLE LES COULISSES BUSINESS DU PADEL

« AUJOURD’HUI, CET EFFET DE MODE EST MONDIAL. IL N’Y A PAS UN SEUL CONTINENT QUI NE SOIT PAS TOUCHÉ PAR L’EFFET PADEL ! »

[Franck Binisti](https://fr.linkedin.com/in/franck-binisti-8293a449), fondateur de Padel Magazine

COMMENT EST-ON PASSÉ DE LA PRÉHISTOIRE DU PADEL À UN PHÉNOMÈNE DE MASSE ?

Se souvenir des débuts du padel en France, c’est remonter à ce que Franck Binisti qualifie lui-même de « Moyen Âge » ou de « préhistoire » du sport. En 2009, lorsque le fondateur de Padel Magazine frappe ses premières balles, le mot même de « padel » est inconnu du grand public, souvent confondu avec le sport de plage ou le stand-up paddle. À l’époque, les pratiquants ne sont qu’une poignée de passionnés obligés de traverser la France entière pour trouver une piste disponible.

Aujourd’hui, le paysage a radicalement changé. Avec près d’un million de pratiquants sur le territoire national, le sport a franchi toutes les étapes d’une croissance exponentielle. La crise du Covid-19 a servi de catalyseur mondial. Alors que les sports collectifs en salle et les salles de fitness étaient sous cloche, le padel a profité d’une autorisation de pratique pour capter une nouvelle communauté d’addicts.

LE PADEL A BASSINÉ LE MONDE EN QUELQUES MOIS ET L’EFFET DE MODE N’EST PLUS UN DÉBAT.

QUELLE EST LA RÈGLE DES 3 PISTES POUR NE PAS COULER SON CLUB ?

Pourtant, le modèle économique du padel ne s’improvise pas. Franck Binisti rappelle une anecdote révélatrice vécue au Club des Pyramides. À ses débuts, le club ne disposait que d’une seule piste mobile. Le paradoxe ? Le terrain avait du mal à se remplir. Pourquoi ? Parce qu’un sport d’équipe et d’émulation ne peut pas vivre sur une structure isolée.

Dès que le club a pris le risque de rajouter deux terrains supplémentaires pour monter à trois pistes, l’occupation a immédiatement explosé. La leçon pour quiconque souhaite ouvrir un complexe aujourd’hui est d’une clarté absolue :

  • Interdiction de lancer moins de 3 pistes : En dessous, vous créez de la frustration, de l’attente et vous empêchez la création d’une vraie communauté.
  • Créer de l’émulation : Le padel vit par les rotations de paires, les tournois internes et l’ambiance d’après-match.
  • Penser l’équilibre économique : Un terrain isolé génère de l’insatisfaction et pousse les joueurs à aller voir ailleurs.

POURQUOI LE MODÈLE FRANÇAIS REFUSE-T-IL ENCORE DE PAYER POUR LE SPORT ?

C’est l’un des points de friction majeurs du marché français. Alors que des pays comme la Suède ou l’Italie ont basé leur développement sur des structures privées ultra-rentables où le joueur est habitué à débourser des sommes importantes pour réserver son créneau, la France se heurte à son modèle historique.

« EN FRANCE, QUAND ON VEUT PAYER POUR DU SPORT, ÇA NE LE FAIT PAS. CE N’EST PAS DANS NOTRE ADN ! »

Habitués aux cotisations municipales annuelles très accessibles pour le tennis (souvent entre 150 € et 300 € pour jouer en illimité), certains pratiquants tordent le nez face au coût d’une partie de padel privée ou d’un tournoi à 25 €. Un blocage culturel majeur que les investisseurs privés doivent surmonter pour rentabiliser leurs infrastructures face à la montée en puissance des clubs municipaux subventionnés.

COMMENT LE PADEL EST-IL DEVENU UN ELDORADO FINANCIER INCONTOURNABLE ?

Aujourd’hui, la saturation des usines de fabrication de pistes est de l’histoire ancienne et l’offre s’est enfin alignée sur la demande. Les grands groupes privés (UrbanPadel, 4PADEL, Casa Padel, Esprit Padel) enchaînent les ouvertures de centres.

S’IL N’Y A PAS DE BUSINESS, ÇA NE MARCHE PAS, IL N’Y A PAS D’ÉVOLUTION ET ON RESTE EN MODE ZÉRO.

Le monde économique du tennis et des affaires ne s’y trompe plus : les investisseurs institutionnels débarquent désormais en masse. Le padel est définitivement sorti de sa phase d’artisanat pour devenir une industrie lourde, rentable et totalement mondialisée.

ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS ?

Trouvez-vous que louer une piste de padel au ticket reste trop cher en France par rapport aux clubs de tennis traditionnels ? Laissez-nous votre avis dans les commentaires !