Depuis plusieurs mois, Dylan Guichard enchaîne les performances avec son partenaire Clément Geens : demi-finales à Palerme et Abidjan, une belle victoire au premier tour de l’Alpine Paris Major. Une régularité acquise par son travail hors terrain : préparation mentale, renforcement physique, discipline quotidienne.
Propos recueillis par Pascal Airault
« Installé à Madrid, le joueur de 26 ans, 75e au classement mondial, se confronte aussi chaque jour au vivier espagnol, le plus dense au monde. Un choix stratégique qui lui permet de progresser plus vite. »
OBJECTIFS ET PHILOSOPHIE DE JEU
« On essaie de ne plus se fixer d’objectifs chiffrés »
Vous venez de passer un cap récemment avec votre partenaire belge, Clément Geens. Votre objectif est-il d’entrer dans le top 50 mondial ? Dylan Guichard : C’est vrai qu’on joue bien avec Clément, mais je pense que c’est aussi dû au fait qu’on a enchaîné énormément de matchs, qu’on s’entend très bien, qu’on est contents de jouer ensemble. La confiance va avec, et au final, oui, on a eu de bons résultats. On essaie de ne plus se fixer d’objectifs chiffrés, de se dire jusqu’où on peut aller, parce que ça peut devenir négatif. Ça met une pression supplémentaire qui n’a pas lieu d’être. À chaque tournoi, on a envie de bien faire, de gagner le plus de matchs possibles. On verra jusqu’où ça nous mène.
L’objectif, c’est de passer les premiers tours, d’aller en huitièmes, voire de créer des exploits… Dylan Guichard :Passer le premier tour dans les plus grands tournois, oui, clairement.
PROGRESSION MENTALE ET PHYSIQUE
« Je suis surtout bien meilleur mentalement »
Ton jeu a beaucoup évolué ces dernières années. Est-ce dans l’agressivité que tu as le plus progressé ? Dylan Guichard : Je dirais que c’est surtout dans le travail hors du terrain. Évidemment, j’ai progressé de manière générale dans mon jeu en m’entraînant sérieusement. Mais, je suis surtout bien meilleur mentalement : je sens que j’ai bien travaillé dans ce domaine. Physiquement aussi, j’ai progressé. J’essaie de beaucoup bosser ces deux aspects, parce que c’étaient mes deux grosses lacunes. Cela me permet d’avoir beaucoup plus de solidité dans mon jeu.
ÉMULATION ET ENTRAÎNEMENT ENTRE FRANÇAIS
« Ça me fait plaisir de voir que les Français jouent bien de manière générale »
Quand tu regardes les autres joueurs français avec le retour au haut niveau de Thomas Leygue après sa blessure et l’avènement de la nouvelle génération, est-ce que cela crée une émulation ? Dylan Guichard : Complètement même si on fait chacun notre chemin de notre côté. Et ça me fait plaisir de voir que les Français jouent bien de manière générale. Ici, à l’Alpine Paris Major à Roland-Garros, Thomas Leygue a gagné des matchs incroyables. Timéo Fonteny a passé le premier tour. Ça fait vraiment du bien de voir des victoires françaises… Personnellement, j’ai eu des années compliquées avant d’y arriver. Je leur souhaite tout le meilleur. J’espère qu’on pourra tous aller le plus haut possible.
Vous entraînez-vous avec les autres joueurs français comme les Espagnols le font ? Dylan Guichard : Moi, je m’entraîne avec Thomas Leygue toute l’année. Il réside comme moi à Madrid. Et sinon, oui, quand on est sur les mêmes tournois, les jours d’avant, on fait souvent des sessions d’entraînement ensemble avec les Français.
LE CHOIX DE MADRID ET L’APPORT ESPAGNOL
« Aller un peu dans la difficulté : changer d’endroit, arriver dans un lieu où tu ne connais pas grand monde »
Le choix de t’installer en Espagne, était-ce important pour franchir un cap ? Dylan Guichard : Complètement. Pour plusieurs raisons. D’abord, être avec les meilleurs coachs et les meilleurs mondiaux, même s’il y a maintenant beaucoup de bonnes académies en France. Et aussi le fait d’aller un peu dans la difficulté : changer d’endroit, arriver dans un lieu où tu ne connais pas grand monde. C’est plus dur. Tu dois faire tes preuves dans les académies, faire tes preuves en termes de niveau de jeu. Et être plus autonome, moins « couvé » qu’en France. C’est quelque chose que je recherchais. Et maintenant, je suis très heureux là-bas. J’adore Madrid, j’adore les entraînements dans mon académie.
Que vous apporte de plus les coachs espagnols ? Dylan Guichard : L’expérience du haut niveau. La plupart sont d’anciens joueurs professionnels. Ils ont passé 20 ans ou plus sur le circuit. Ils sont bercés dans le padel depuis des années. Et puis il y a l’énorme vivier de joueurs présents à Madrid et à Barcelone. Donc, juste pour les partenaires d’entraînement, à coach égal, je préfère être là-bas.
ET VOUS ?
Selon vous, le choix de Dylan Guichard d’être installé à Madrid est-il la clé pour intégrer durablement le top 50 mondial ? Exprimez-vous dans les commentaires !






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