Le 6 septembre, le court Philippe-Chatrier, temple des batailles légendaires, n’attendait ni Alcaraz ni Sinner…

Le 6 septembre, le court Philippe-Chatrier, temple des batailles légendaires, n’attendait ni Alcaraz ni Sinner…

…mais une armée inattendue d’humoristes, comédiens, influenceurs et anciens champions de sports collectifs (hand, basket, foot) et icônes du tennis, tous venus croiser le fer pour l’ouverture de l’Alpine Paris Major, l’un des plus prestigieux tournois de padel du circuit mondial.

« Voici leurs punchlines, capturées au cœur d’un tournoi des célébrités où la performance compte… mais où le plaisir, lui, reste roi. »

Entre l’excitation de fouler un lieu mythique, les confidences sur la compétition, les éclats de rire et les petites piques entre amis, chacun a livré sa vision d’un sport qui séduit autant qu’il rassemble.

Propos recueillis par Pascal Airault

REDOUANE BOUGHERABA – HUMORISTE

« Au padel, je joue… mais je fais aussi le show avec le public »

Redouane, le padel, c’est un sport qui vous met en danger ou qui vous met en confiance ? C’est un sport qui me met en confiance. C’est très facile de démarrer au padel, contrairement au tennis où il faut beaucoup de pratique, beaucoup d’investissement et beaucoup de temps pour progresser. Au padel, on peut s’amuser très vite : il y a du jeu, de la bagarre, du challenge sur tous les points. C’est sympa. Et avec l’âge, les articulations ne sont plus les mêmes. Il est plus dur d’enchaîner certains sports comme le tennis. Le padel est un très bon sport de loisirs.

Est-ce impressionnant de jouer sur le court Philippe-Chatrier, ce lieu mythique où tant de champions sont passés, de Yannick Noah à Rafael Nadal ? C’est assez impressionnant de jouer ici, où des légendes du tennis comme Roger Federer, Rafael Nadal ou Gustavo Kuerten nous ont fait rêver pendant des années. Après, je suis aussi très content d’être sur scène : c’est un plaisir différent, que l’on apprécie intensément. Il y a toujours cette communion avec le public.

Durant vos matches, on vous a presque plus entendu parler espagnol que français… Je vois que vous avez entendu tous les Vámonos (expression signifiant « Allons-y ! »), ce cri d’encouragement destiné à mon partenaire et à impressionner mes adversaires. Je parle couramment espagnol : ¿Cómo estás? ¿Muy bien?

On vous a aussi beaucoup vu jouer avec les spectateurs, commentant vos points et ceux des adversaires au micro portatif. Ce public de Roland-Garros vous galvanise ou c’est vous qui le galvanisez ? Le public, si on lui donne, il nous redonne. C’est comme dans la vie, et c’est pareil sur scène. On est constamment dans l’échange.

Quel est votre principal point fort dans une partie de padel ? C’est la grinta : la détermination, la pugnacité, la rage de vaincre.

CARTMAN – ANIMATEUR, COMÉDIEN

« Le padel développe chez vous des réflexes assez enfantins »

Cartman, quel souvenir évoque pour vous Roland-Garros ? On a tous passé notre bac devant Roland-Garros et vibré aux exploits des plus grands champions. Il y a une magie particulière sur le court Philippe-Chatrier. On en parlait avec les autres joueurs du tournoi des célébrités : quand je lève les yeux, cela m’émeut de voir les loges, les cabines de télévision… On se remémore les matches de Nadal. Il y a une excitation particulière, plus que de la peur, à jouer ici.

Le padel, c’est un loisir ou une véritable passion ? C’est une vraie passion. Dès que j’ai du temps libre, je joue une partie, même si en ce moment j’en ai un peu moins avec l’arrivée de mon bébé. Mon plaisir est de pouvoir jouer avec des sportifs de haut niveau à la retraite que j’ai tant admirés. On a monté des groupes WhatsApp avec Thierry Omeyer, Robert Pirès et d’autres. On se fait une partie et derrière on va boire une bière.

Où jouez-vous ? Je joue beaucoup sur les installations du Racing à Paris, où je suis inscrit, et aussi dans les 4Padel. J’ai fait quelques tournois où j’arrivais à sortir des poules en P100. Durant ce tournoi des célébrités, je m’amuse à multiplier les lobs. On est là aussi pour servir les copains et les faire briller.

Quel est le joueur le plus drôle dans votre bande de célébrités ? Redouane Bougheraba, Jarry et Hanouna sont pas mal dans leur genre. Cyril est aussi un très bon joueur. Mais la palme revient à Adrien Maigret, assurément le plus drôle de tous et le plus grand vanneur.

Vous n’avez pas envie d’écrire un scénario pour un film sur le padel ? On trouve des films en espagnol sur Netflix mais rien en français. Ça pourrait être drôle. Trouver un personnage et raconter avec humour tous les sacrifices qu’il est prêt à faire pour devenir champion.

Comment vivez-vous les défaites ? C’est un sport où la psychologie est très importante. Il faut bien s’entendre avec son partenaire. J’ai perdu des parties où je me suis profondément amusé, et d’autres qui m’ont donné envie de tout casser. J’étais vraiment dans une colère profonde. Le padel développe chez vous des réflexes assez enfantins.

Rassurez-nous, vous n’engueulez pas votre bébé quand vous rentrez la tête basse après une défaite ? Non. (Rires.) Mais il a déjà sa raquette prête.

PHILIPPE LACHEAU – ACTEUR ET RÉALISATEUR

« Si je pouvais, je vivrais sur un court de padel avec mes potes »

Le padel, est-ce un rôle sérieux ou une comédie pour vous ? Hum… C’est les deux à la fois. Je m’amuse beaucoup en jouant. Je suis mordu de ce sport, même si je ne parviens pas à jouer autant que je veux, faute d’un emploi du temps chargé. Je me rattrape en vacances. Si je pouvais, je vivrais sur un courts de padel avec mes potes.

Est-ce un sport facile ? C’est un sport très accessible. On s’amuse vite, même si on est une brêle au départ.

Quel est votre coup le plus fort ? Vous voulez dire celui où je suis le moins mauvais… Ma volée de coup droit coupé. Mais j’ai horreur de smasher quand j’ai le soleil dans la figure.

Quel est le meilleur partenaire de jeu dans la bande à Fifi ? (Rires.) Aucun, je crois. Élodie Fontan est nulle au padel. Tarek Boudali s’énerve vite. Le moins pire est peut-être Julien Arruti.

Et chez les célébrités ? J’ai joué avec Cartman, qui se débrouille très bien. Cyril Hanouna est aussi connu pour sa passion : c’est un bon joueur, tout comme Robert Pirès, avec lequel j’ai eu la chance d’être en équipe.

Cela ne vous donne pas envie de produire une fiction, par exemple sur Cyril Hanouna, racontant avec humour les sacrifices qu’il ferait pour devenir champion de padel ? C’est une idée. Je suis sûr que ça pourrait marcher. Il y a déjà une comédie américaine qui cartonne sur le pickleball. Elle est produite par Ben Stiller et s’intitule Les Fous du Pickleball (The Dink). Elle raconte l’histoire d’un ancien joueur de tennis sur le déclin qui doit se mettre au pickleball à contre-cœur pour sauver un club en difficulté et obtenir enfin l’estime de son père.

ROBERT PIRÈS – CHAMPION DU MONDE 1998, ANCIEN JOUEUR D’ARSENAL

« Au padel comme au foot, on doit constamment changer d’appuis »

Est-ce plus impressionnant de jouer au football dans l’enceinte mythique d’Highbury ou au padel sur le court Philippe-Chatrier ? Ce que j’ai vécu à Arsenal pendant six ans est unique. J’ai tellement de moments forts en mémoire, cette ferveur populaire, les chants des supporters… On a réalisé de grandes choses avec Henry, Vieira, Wiltord, Bergkamp, et Arsène Wenger comme ingénieur de cette équipe. Au padel comme au tennis, le silence s’impose pour laisser les joueurs se concentrer.

Vous aviez la réputation d’être un joueur très technique. Quels sont les caractéristiques que l’on peut transposer du foot au padel ? Il y a pas mal de choses : l’anticipation, la lecture des trajectoires, la coordination. On voit vite, on se déplace bien vers l’avant, l’arrière et les côtés. C’est un sport où l’on fait aussi beaucoup de fractionné. Comme au foot, on doit constamment changer d’appuis.

Pour vous, le padel est un passe-temps ou aussi un projet économique, comme Zinédine Zidane qui investit dans des complexes ? Pour moi, c’est juste un loisir. Mais ce que fait Zizou est vraiment bien en termes d’investissement. C’est une bonne idée de créer des complexes alliant le five et le padel.

Comprenez-vous les entraîneurs de foot qui empêchent leurs joueurs de pratiquer le padel, estimant que cela nuit à leurs performances ? Non, ce n’est pas toujours facile à comprendre. Mais c’est un choix souverain de l’entraîneur, qui doit toujours penser au bien de l’équipe.

FABRICE SANTORO – ANCIEN 7E MONDIAL, VAINQUEUR DE LA COUPE DAVIS

« Au padel, je n’ai pas encore inventé de tours de magie »

Quelles sont les exigences techniques et tactiques du padel quand on arrive avec les automatismes du tennis ? Les deux sports ont des différences, c’est sûr. Mais sur une échelle de 1 à 10, avec notre passé de tennisman, on ne commence pas à 1 mais à 4 ou 5. On sait faire un coup droit, un revers, une volée, un smash.

Le retour de vitre est-il le plus difficile ? Oui, ce n’est pas naturel pour nous, même si je commence à m’y faire. On a tendance à ne pas laisser passer la balle au début.

Continuez-vous, vous qu’on surnomme “le magicien”, à inventer des gestes au padel, notamment avec votre coup droit coupé à deux mains ? (Rires.) Non, pas encore même si j’ai conservé du tennis mon coup droit à deux mains. C’est un sport où il n’est pas toujours facile de défendre ou de faire de belles víboras. Contrairement au smash, on doit prendre la balle sur le côté : c’est une technique qui demande beaucoup de travail. Je n’ai jamais pris de cours. Je joue avec mes potes : ça me permet de me maintenir en forme, de transpirer.

Et le tennis ? Je continue à jouer. J’ai une exhibition la semaine prochaine à Istanbul, mais j’ai arrêté la compétition et je ne compte pas en faire au padel. Je n’ai pas envie de me blesser.

Qu’est-ce qui vous impressionne le plus chez des joueurs de padel comme Paquito Navarro ? Clairement, la facilité à défendre, la précision des lobs, la capacité à relever des balles qui s’écrasent sur le sol. Le haut niveau, c’est un autre monde.

Pensez-vous, comme Novak Djokovic, que le padel représente un danger pour le tennis, ou les deux sports sont-ils complémentaires ? Il y a une réalité économique pour un sport en plein essor en France. Mais les deux disciplines peuvent être complémentaires. Le tennis restera toujours le sport de raquette numéro 1. Après, c’est bien pour des personnes de 30, 40 ans et plus de prendre rapidement du plaisir au padel sans avoir joué auparavant à un sport de raquette : on peut s’amuser au bout d’une heure, là où il faut deux ans de pratique au tennis. On apprend à servir au padel en deux minutes ; il faut au moins deux ans pour avoir un bon service au tennis.

THIERRY OMEYER – CHAMPION OLYMPIQUE, DU MONDE ET D’EUROPE DE HANDBALL

« Je n’ai jamais eu peur d’une balle. Au padel, ça aide énormément. »

Avez-vous la même facilité à bloquer votre adversaire dans la diagonale au padel que lorsque vous étiez dans les cages de l’équipe de France ? La lecture des trajectoires et les réflexes m’aident beaucoup à la volée. Le fait de ne pas avoir peur de la balle, même quand elle arrive très vite. Quand on vient du hand, on a vite la possibilité de jouer à un niveau correct et de prendre du plaisir dans un sport fédérateur qui rassemble des pratiquants venant du tennis, du hand, du foot, du basket…

À quelle fréquence jouez-vous ? Je peux jouer deux à trois fois par semaine. Il m’arrive de faire des parties avec Nikola Karabatic, notamment à Rueil-Malmaison où il s’entraîne. J’ai aussi pris des cours avec Adrien Maigret au début, un grand pro. Je fais quelques tournois : des P250 et des P500.

Arrivez-vous à sortir des poules ? Oui, ça m’est arrivé en P500 quand j’ai joué avec le “chiquiteur” (autour de la 30e place en France) et on a atteint le dernier carré. J’aime la compétition. Quand je joue, c’est pour gagner. Je me donne à fond et je ne lâche rien.

Quelles sont vos qualités propres ? J’adore laisser passer les balles pour les jouer après le rebond sur la vitre. La défense est mon point fort. Après, ce qui fait la différence, c’est aussi la capacité à terminer les points. J’essaie de progresser sur cet aspect du jeu.

Réfléchissez-vous à investir dans un complexe de padel ? Pas pour l’instant. Beaucoup de pistes se montent en ce moment partout en France. Je ne dis pas non, mais il faut trouver le bon endroit et le bon projet avant d’investir.

Quels sont les champions que vous admirez au padel ? Galan et Chingotto, Coello et Tapia bien sûr. Coello, joueur de gauche, a cette capacité à prendre toutes les balles et à terminer les points.

RICHARD GASQUET – ANCIEN 7E MONDIAL, VAINQUEUR DE LA COUPE DAVIS

« Le padel, c’est un autre sport… mais le plaisir, lui, reste intact. »

Est-ce émouvant de revenir jouer sur le Philippe-Chatrier après votre match d’adieu à Roland-Garros contre Jannik Sinner l’année dernière ? Oui, c’est forcément émouvant et surtout impressionnant de jouer contre des champions comme Paquito Navarro et Sanyo Gutiérrez, l’une des paires les plus iconiques, même s’ils ne jouent qu’à 10 % de leur potentiel. Ce n’est pas le même sport qu’au tennis, on le voit tactiquement.

Est-ce un sport dur sur le plan physique ? C’est un sport incroyable qui demande aussi une grande intensité physique. Même si aujourd’hui on ne pratique plus le tennis, on prend beaucoup de plaisir à jouer au padel.

Quelles sont les qualités que l’on peut transposer d’un sport à l’autre ? Le plus facile, ce sont les volées et les smashs. Le plus compliqué, c’est de laisser rebondir la balle sur la vitre.

Quelles sont vos ambitions au padel ? Modestes. (Sourires). Je fais de la compétition pour m’amuser. J’ai quand même joué trois P500 avec des joueurs classés entre la 300e et la 400e place française. J’en ai gagné deux et me suis blessé au troisième. Je retrouve au padel l’ambiance du tennis, avec le bar où l’on boit un verre après les parties. Il y a un côté social très agréable.

ET VOUS ?

Quelle déclaration de ces personnalités vous a le plus surpris ou donné envie de taper dans la balle ? Partagez vos réactions en commentaire !

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